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Heureux comme Lazzaro.
Heureux comme Lazzaro. — Association Française du Festival International du Film

Pas de porcs à balancer dans les films les plus étranges et les plus singuliers de la compétition : l’Italienne Alice Rohrwacher, le Japonais Ryusuke Hamaguchi et l’Américain David Robert Mitchel passent leurs héros masculins à la moulinette #MeToo en leur injectant de l’innocence et de la délicatesse, de la gentillesse et de l’immaturité.

L’innocence de Lazzaro dans « Heureux comme Lazzaro »

Le plus convaincant des trois films, c’est Heureux comme Lazzaro d’Alice Rohrwacher. Un bijou d’inventions, où des paysans figés dans rusticité féodale se retrouvent soudain propulsés dans la modernité à la faillite de la famille aristocrate qui les emploie.

Dans ce contexte, on adore le personnage de candide magnifique qu’interprète le jeune Adriano Terdiolo, une performance iconique à rebours des rôles stéréotypés de machos italiens, qui rappelle celle de Terrence Stamp dans Théorème de Pasolini.

L’immaturité de Sam dans « Under the silver lake »

A défaut d’être le plus réussi, Under the silver lake est le plus fantaisiste et le plus léger des trois films présentés ici.

Sur une intrigue qui suit le fil décousu des fantasmes d’un glandeur immature d’un quartier chic de Los Angeles (Andrew Garfield), le jeune cinéaste David Robert Mitchell signe un film noir émaillé de références à la pop culture et de clichés plus sexys que sexistes, où notre jeune héros se retrouve happé entre cauchemars et réalité, un peu comme chez David Lynch.

La délicatesse de Baku et de Ryohei dans « Netemo Sametemo / Asako »

Les garçons de Netemo Sametemo (Asako en VF) sont pleins d’empathie pour Asako, jeune fille désemparée lorsque Baku, son premier amour, disparaît. Asako renaît quand elle rencontre Ryohei, son double parfait. Sauf qu’elle va retrouver le premier, puis revenir au second in fine…

L’intrigue est d’autant plus troublante que les deux prétendants d’Asako sont incarnés par le même jeune acteur, Masahiro Higashide. Le chassé-croisé amoureux fait aussi penser à du Rohmer, influence revendiquée du jeune réalisateur japonais Ryusuke Hamaguchi.

 

Source de l'article : https://www.20minutes.fr/arts-stars/cinema/2272095-20180516-festival-cannes-sam-lazzaro-baku-trois-heros-modernes-passes-moulinette-metoo
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